Entretien avec Odile, clown & intervenante à la Soupape

 Odile, peux-tu te présenter ?

C’est une vaste question ! Je suis une femme, j’habite en région parisienne. Cela fait 30 ans que je suis dans le clown. J’étais aussi éducatrice, et le clown m’a amenée à la transmission dans des formations en travail social et éducatif: j’ai été formatrice à l’Institut Régional du Travail Social à Paris (Parmentier).

Aujourd’hui, je suis retraitée de ce poste de formatrice mais je continue le clown ! Depuis presque 20 ans ans je fais partie de l’équipe des formateurs-trices du Bataclown. Et je suis membre du conseil d’administration de l’association. J’ai également créé une association nommée TAPATACLÉ qui a pour objet de: « (…), favoriser l’expression la créativité et la communication des personnes, par une sensibilisation à des activités artistiques et culturelles ». Nous utilisons en particulier le théâtre (théâtre interactif), et le clown.

Je me suis tournée vers le clown grâce à ma petite sœur qui s’est très vite orientée vers les spectacles et en a fait son métier, c’est une professionnelle du spectacle de clown (ndlr : voir www.colettegomette.com/) Et puis pour préparer ma retraite, j’ai fait un bilan de compétence, et il est clairement ressorti que je tournais autour du spectacle clown depuis plus de 20 ans… ça a été un nouveau déclic !

Ce qui m’a plu dans le clown, c’est de pouvoir me montrer tout en restant cachée. J’étais très timide, et le clown, lui, s’autorise à dire ce qu’il pense et ce qu’il ressent. Le clown est un lien aussi avec mon métier initial d’éducatrice, je suis dans la transmission et la formation.

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   Et du coup, comment es-tu arrivée à ce spectacle ?

C’est un concours de circonstance en fait. J’étais invitée à une veillée de lecture par une amie, elle m’a dit que je pouvais faire une intervention clown, mais je ne le sentais pas dans le contexte des lectures. La veille de cette veillée, j’ai vu cette amie, on discutait ensemble autour d’un thé et elle a eu une phrase… particulière… qui nous a fait rire et là, je lui ai dit : « ça me dit bien d’écrire en clown à partir de cette phrase ». C’est parti de là. Avant j’essayais de faire entrer Nitouche -c’est mon nom de clowne- dans une boite pour dire ce que je voulais lui faire dire. Mais les clowns n’ont pas de boite. Et je sentais que Nitouche avait quelque chose à dire… c’est venu d’un coup après 2 ans de tâtonnement, je tournais en rond et là, d’un coup c’est venu à partir d’une phrase. C’est un long travail de maturation, et c’est accepter de se laisser surprendre.

   Et ce spectacle en création ?

Je travaille dessus depuis quelques mois. Maintenant je sais que Nitouche a besoin de prendre la parole, et pour moi ce que Nitouche raconte a du sens.

Ce n’est pas un spectacle pour enfants même s’il peut s’adresser à tous sûrement. On me dit qu’il y a de la poésie. Vous verrez… je ne veux pas vous en dire trop non plus ! Après la résidence avec La Soupape, j’espère bien avoir une trame solide.

   Pourquoi avoir accepté de venir travailler ce spectacle avec La Soupape ?

Parce que l’on se connait bien, nous avons des valeurs proches. Et le principe de l’échange est très important pour moi, j’ai toujours voulu travailler en équipe et dans l’échange, que ce soit en tant que formatrice, dans le travail social et dans le clown. il y a 2 dimensions essentielles que j’ai toujours souhaité partager et transmettre: la créativité et l’esprit d’équipe. Le clown rassemble les 2, invite à se rendre disponible à soi et aux autres, à l’environnement, il permet de sortir de la réflexion intellectuelle pour vivre les moments dans les sensations et les émotions avec naïveté et authenticité;

   Serais-tu d’accord pour revenir faire un atelier ?

Ah oui, tout à fait. C’est important ces rencontres.